Tu vois ce fond dont on parle si souvent ? Quand on dit qu’on « touche le fond » ? Ce fond-là, je l’ai longtemps côtoyé. Je vivais chez lui. Aujourd’hui, mardi 31 janvier 2023, j’ai décidé de le quitter. Oui, après près de cinq ans de vie commune, j’ai décidé de déménager. Pas parce que je ne l’aime plus, mais parce qu’il ne me tire pas vers le haut, au contraire : il prend un malin plaisir à s’accrocher à moi et faire en sorte que je ne sorte pas de chez lui. Mais aujourd’hui, mardi 31 janvier 2023, j’en ai marre. Marre de vivre dans cette putain d’ombre quand je sais qu’une maison bien plus lumineuse et resplendissante m’attend de l’autre côté.
De l’autre côté de quoi ? De l’autre côté du chemin ! Après autant d’années à vivre dans la pénombre, sortir au grand jour n’est pas la tâche la plus aisée qui soit. Quitter cet appartement sombre ne va pas être facile, mais j’ai un plan qui l’est (tu as vu comme je pense déjà à tout !). Le voici :
1 – Faire ma valise : ne rien laisser à cette pénombre qui ne mérite même pas les saletés de mes chaussures. Pas pour m’avoir tiré plus bas que terre durant toutes ces années.
2 – Me trouver une super maison : la maison de mon cœur. Je la veux spacieuse, lumineuse, resplendissante. Je la veux à mon goût, je veux qu’elle me tire vers le haut, je veux qu’elle me montre l’espoir et la lumière, la victoire et le bout du tunnel.
3 – Vivre : une fois mon emménagement effectué dans cette splendide maison, il faut que j’apprenne à vivre. Vivre dans la lumière et non plus la pénombre, vivre sous le soleil et non plus la pluie. Apprendre à me donner une chance.
Cette chance, je refusais de me la donner. Toutes ces années, je croyais me donner toutes les clés dont j’avais besoin pour grandir alors qu’au fond je n’y croyais pas. Même pas un peu. Alors forcément, je reposais les clés et repartais en quête d’un nouveau trousseau qui saurait faire mon bonheur. Mais forcément, quand tu refuses d’ouvrir les portes de ton cœur, tu as beau chercher toutes les clés du monde, tu n’atteindras jamais ce bonheur que tu convoites tant. Parce que tu ne te donnes pas la chance d’y croire, la chance de réussir, la chance de te faire confiance.
Se faire confiance, je crois qu’il s’agit-là de la chose la plus difficile, délicate et précieuse que l'on puisse se demander. Te faire confiance, c’est croire en toi, c’est faire de toi ta meilleure amie. C’est super dur. C’est dur de faire de toi ta meilleure amie quand tu ne vois que les défauts, les faiblesses et les failles de cette personne. Pourtant, préfèrerais-tu passer le restant de tes jours avec ta pire ennemie ou ta meilleure amie ? La question n'est-elle pas vite tranchée ? Ta meilleure amie, cette alliée, c’est cette petite voix dans ta tête. Celle qui te dit que tu en es incapable, ou capable. Celle qui te dit que tu es faible, ou forte. Celle qui te dit que tu es affreuse, ou magnifique. Cette voix, quoique tu y fasses, ne partira pas. Elle vivra avec toi pour toujours. Pour toujours elle se posera sur ton épaule et sera près de ton oreille pour te murmurer les pires horreurs ou les plus douces des paroles.
Je ne veux pas vivre avec une voix qui me sabote tous les jours. Et ça, on y peut quelque chose. Nous n’avons pas d’autre choix que d’accepter la présence de cette voix mais, ce qui est génial, c’est que nous lui faisons dire ce que nous voulons. C’est un programme. Elle retient ce qu’on lui apprend et sera là pour nous le répéter chaque jour. C’est une chance incroyable que nous avons-là, quand on y pense quelques secondes ! Tu peux avoir ton propre coach personnel de motivation, cette personne qui te booste et te répète combien tu es belle, capable et intelligente !
Et moi, j’en ai marre. J’en ai marre de l’entendre me répéter à longueur de temps que je n’y arrive pas. Que je n’arrive pas à sortir de cette putain d’ombre. Merci, j’avais remarqué, pas besoin d’enfoncer le couteau dans la plaie. Alors puisque j’ai décidé d’emménager dans la maison du soleil, je vais changer cette voix. Je ne peux plus l’entendre me répéter toutes ces choses affreuses, je deviens folle à m’auto-saboter de la sorte. Je veux que cette voix devienne ma meilleure alliée, ma meilleure amie, qu’elle croie en moi comme j’ose croire en moi dans mes meilleurs jours et qu’elle croie en moi quand je n’ose plus y croire dans mes pires journées. Je veux qu’elle m’aide, me soutienne. Je veux qu’elle me répète ce que je lui apprends.
Alors je vais lui apprendre. Ça, c’est la partie chiante. La partie où tu dois montrer à cette petite voix intérieure de quoi tu es capable pour que, dans les jours où tu auras moins de force et d’énergie, ce soit elle qui prenne le relais : c’est à ce moment-là que la magie opère. Quand tu seras dans un de ces mauvais jours, alors cette petite voix prendra le contrôle et te dira combien tu en vaux la peine, combien tu dois continuer. Même si c’est une mauvaise journée, combien il est important que tu fasses ce pas, ce tout petit pas. Le plus petit des petits pas compte. Les grands pas, c’est trop facile. Tu en fais un et après tu n’as plus de force, alors tu retournes à la case départ tandis que, les petits pas, tu les fais lentement, doucement, sûrement. Sereinement. Chaque petit pas te coûte un petit effort, un petit peu d’énergie. Et cette énergie, tu la recharges tous les jours. Alors tout est bon ! Tu crées ton bout de chemin, tu poses pierre par pierre l’avenir auquel tu aspires tant.
C’est ça, la magie du « se faire confiance ». Oser croire en soi. Ce n’est pas faire ces pas de géant le premier jour et ne plus rien avoir à donner dès le deuxième. Non. C’est avancer petit à petit, mais un petit peu tous les jours, dans les bons comme dans les mauvais. Dans les bons, c’est parfait. Dans les mauvais, alors tu tiens bon, car tu as cette petite voix qui est là pour toi. Elle te connaît mieux que personne, car c’est toi qui l’as pensée, inventée, programmée : elle sait les mots que tu as besoin d’entendre et te les murmurera chaque jour où tu auras besoin de les entendre. C’est ça, la magie de la pensée.
C’est oser y croire parce que ça en vaut la peine. C’est oser y croire parce que tu ne veux plus de cette cohabitation avec la pénombre, c’est savoir que tu vaux mieux que ça et que tu mérites d’épouser l'espoir et la lumière et le soleil. Parce que tu sais que tu dois croire en toi, parce que personne ne le fera à ta place. Bien sûr, on te soutiendra, on t’épaulera. Mais jamais nous ne serons cette petite voix qui te chuchote à l’oreille tout ce que tu veux entendre. Parce que nous ne sommes pas toi. Toi seule sais véritablement, profondément de quoi tu es capable. Toi et seulement toi.
Tu ne peux pas tomber plus bas, tu ne veux plus. Alors tu te regardes droit dans les yeux et tu te dis : je vais y arriver. Parce que je m’aime, parce que je sais ce que je vaux et ce que je veux. Je sais que je ne veux pas passer le reste de ma vie dans cette situation, parce que je ne veux pas être rongée par les regrets à la fin de ma vie. Alors je change. Maintenant. Je fais ce premier tout petit pas aujourd’hui. Cette première pierre que tu poses, c’est le chemin que tu te crées. Tu as toutes les cartes en main et c’est ça, la magie de la pensée.
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