A ces vagues à l’âme
Chère vous,
C’était l’instant d’une rencontre. Un de ces moments de vie que l’on n’oublie pas et pourtant si commun. Un dimanche 14 mai, un petit village, j’aidais une amie à vendre ses pâtisseries. Loin de me douter que cette journée chanterait la vie et les étoiles.
De vos mots, vous avez touché mon cœur. De vos gestes, vous avez caressé mon âme. Vous êtes la rencontre d’une vie. Vous êtes la rencontre de mon âme. Vous m’avez éveillée. De vos yeux, si profonds, si sincères, si doux, vous avez vu en moi celle que je n’osais pas voir et, plus encore, vous lui avez donné l’envie d’exister. L’envie de se dévoiler au monde.
J’ai peur, vous savez. J’ai peur de ne pas être à la hauteur. A la hauteur de qui ? Je n’en ai aucune idée. Mais j’ai cette peur qui se cramponne à mes rêves de la même manière que les cicatrices se gravent chaque jour toujours plus profondément sur les bords de mon cœur. J’ai cette peur…d’échouer. Alors même que je n’ai pas commencé. Je vois la fin des relations avant d’en avoir écrit le premier mot. Je lis dans les gens, les mots et les regards comme dans un livre ouvert. Maudite clairvoyance ou clairvoyance bénie, je ne sais encore quel adjectif lui attribuer. Mais aujourd’hui, vous m’avez dit oui. Vous avez donné à mon cœur cette invitation de la Vie que je refusais depuis des années. J’avais, comme tout le monde, reçu cette invitation, seulement je l’avais soigneusement laissée dans la boîte aux lettres. Peur de l’ouvrir. Peur de lui dire oui, oui je viens, oui je vais profiter. Peur d’oser rêver, après toutes ces années de douleur, de larmes et de blessures à l’âme. Mes cicatrices. S’estomperont-elles un jour ? Apprendre à les embrasser, c’est apprendre à ouvrir cette lettre, c’est apprendre à dire oui.
Aujourd’hui, vous m’avez invitée. Vous m’avez invitée à dire oui. A oser rêver, à oser poser des mots sur mes maux, à cicatriser mes peines, à sublimer mes larmes. La force de vie qui faisait briller votre regard, je l’ai vue. Je l’ai ressentie. Au-delà des mots, de vos yeux, c’est votre cœur qui parlait directement au mien. Deux cœurs dans l’écoute l’un de l’autre. Cette lumière que vous avez vue en moi, elle vient de se réveiller. Un an qu’elle essaie de revivre, de renaître, d’exister. Exister. Voilà un verbe fort, rempli de ce sens que trop souvent nous négligeons. Voilà un verbe dont j’avais oublié l’existence même. Lire votre livre, vous faire part de mes interrogations, remarques et parallèles, échanger avec vous sur votre écriture, sur votre parcours, sur votre vie, sur moi, sur nous, c’était me faire exister. Rares sont les moments où « exister » a pris autant de sens.
Votre rencontre, une caresse à l’âme. Un torrent d’émotions. Sur le chemin du retour, un torrent d’émotions. J’ai pleuré. Non pas de tristesse, rassurez-vous ! De bonheur. Je pleurais de joie et de reconnaissance et de gratitude de vous avoir rencontrée, d’avoir eu un de ces moments de vie que l’on n’oublie pas et pourtant si commun. J’ai éprouvé une sensation unique. La Vie coulait directement dans mes veines, je la transcendais, je lui appartenais, elle m’appartenait. En somme nous ne faisions plus qu’une. Grâce à vous. Alors j’en pleurais autant que j’en rigolais, seule en voiture sur le chemin du retour. Une folle. Une de ces scènes si caractéristique des films et des séries où le personnage se rend compte de sa chance, de la bêtise qu’il commettait jusqu’alors. J’étais ce protagoniste dont on rigole doucement, sans s’avouer que c’est ce bonheur véritable qu’on espère embrasser au moins une fois dans sa vie. Grâce à vous, je l’ai embrassé. Je l’ai ressenti du plus profond de mon être. Une expérience magique. Un état de transe. Je me suis vue de loin. Vos mots étaient encore là, au creu de mon oreille. Vos bras étaient encore là, autour de mon corps. Votre regard était encore là, d’une bienveillance sans pareille. Vous étiez encore là, à me conter votre plume, votre vie, votre raison d’être. Vous étiez encore là. Vos livres à mes côtés. Je les contemple. Je contemple leur titre, ce choix des mots, leur couverture, ce choix des couleurs. Libres, vos livres sont cette invitation à la liberté, à la vie, à la conquête de soi. Vous avez mis un peu de vous, restent les mots et j’y mets un peu de moi. Le livre vous appartient, appartient aux mots et, désormais, m’appartient un peu. Nous partageons une histoire commune et pourtant tellement singulière. Vous m’avez éveillée.
De cette rencontre je veux garder le vrai, le magique et l’intense. Je veux garder ces larmes de bonheur. Je veux apprendre à poser sur la vie le regard que vous lui portez. Je veux apprendre à cicatriser ces blessures, je veux apprendre à sécher mes larmes, je veux apprendre à faire confiance. Les mots me guérissent. Entre les autres et moi, ce mur infranchissable. Entre les mots et moi, ce pont qui parle à l’âme. Les mots sont mon essence, ma raison d’être. En m’offrant ce moment, cette bienveillance et cet amour, j’ai trouvé la clé. J’ai trouvé la clé de mon cœur. Ouvrir la porte sera difficile et en franchir le seuil encore plus mais vos yeux, vos mots et votre cœur m’ont incitée. De ce sourire, de cette main sur mon épaule, de vos bras autour des miens, vous m’avez rappelé l’existence de cette boîte aux lettres. L’invitation qu’elle contenait, je l’ai récupérée. Je l’ai lue, je l’ai comprise, je l’ai embrassée. Comme vous embrassez la vie de vos mots. Les mots. Ma force. La votre. La notre. Ce moment de vie que l’on n’oublie pas et pourtant si commun. Ma rencontre. La votre. La notre.
« A l’histoire de l’écriture, de ce qui fait le récit, du mystère du roman, toutes ces choses dont nous parlons là, toutes les deux… »
Un, un millier ou un million de merci n’auraient pas suffi à dire ce battement de cœur, cette lueur du regard, ce moment de vie. Alors ces quelques mots je vous remets. Plus que des mots, ils sont le souffle de mon cœur.
Alors, merci. Merci pour ces vagues à l'âme.
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