Parfois je suis capable, incapable, forte, faible, intelligente, bête. Parfois, je vois la réussite à côté de moi. Parfois, elle est si loin, si loin. Parfois, je claque des doigts et les étoiles m'écoutent. Parfois elles s'en vont et font la soude oreille. Quel est le sens de tout ça ? Se perdre pour mieux se retrouver ? Je me suis déjà perdue, saurai-je me retrouver un jour ?
Je ne comprends rien à rien, je ne suis pas comme les autres. Je comprends trop quand il faut comprendre un peu, je ne comprends rien quand il faut tout comprendre. L'équation m'échappe, je suis faite de travers. Je pense à contre-courant. Je me fais confiance mais je me détruis, je prétends être confiante mais je me brise, je me bousille de l'intérieur quand personne ne le voit, quand je ne montre que le bonheur et la joie, je respire la tristesse et le cœur peine à battre. J'ai peur de mourir avant d'avoir vécu. Avant d'avoir compris la vie. J'essaie de faire des efforts, j'essaie de changer, j'essaie de comprendre, j'essaie de me faire confiance. Mais un blocage reste et restera tant que...tant que quoi ? Trop de questions sans réponses. Je tourne mais le monde ne tourne pas avec moi. Je ne sais pas quoi faire. J'y arriverai sans doute un jour, je suis vouée à l'échec, je n'y arriverai jamais. Je veux bien faire confiance, j'ai peur qu'on me brise, j'ai peur qu'on parte, j'ai peur qu'on revienne en s'excusant, je ne veux pas. Je veux comprendre et guérir mais les réponses restent si près des étoiles et si loin de moi que demander aux étoiles de m'aider ne change rien à rien. Rien à rien et quand le monde tourne à l'endroit, je marche sur la tête. Comme si je voulais être folle, malade, brisée, salie, seule, faible. Comme si je ne voulais pas mériter mieux. Cette enveloppe, c'est mon mal-être. Ma place ? Partout et nulle part. Nulle part, c'est violent à écrire. Tout est violent, je pleure, rien ne guéris.
Vivre pour quoi faire, mourir c'est pire. Prison de tous les côtés, tant d'années que je cherche la porte de sortie. Je suis folle et je veux m'en sortir seule mais je n'y arrive pas et je n'y arriverai jamais, sauf si. Que des si, des conditions, des pourquoi et des comment, ce besoin de comprendre et de questionner pour pouvoir vivre me fascine et me rend folle. Écrire pour ne pas devenir folle, ma prison et ma liberté. Ma mort, ma vie. Ma vie, ma mort. Tout le monde est égoïste, s'enfermer et le monde vous oublie. Me comprendre et retourner à cette petite existence paisible. Je n'y arriverai jamais, pourtant parfois j'ai foi, pourtant parfois j'y crois. Je me dis que d'autres y sont passés, je me dis que je vais y arriver, que je ne suis pas si bête. Se comprendre est une force, mais je voudrais qu'on m'anesthésie. Je voudrais ne plus rien ressentir, je voudrais grandir, je voudrais devenir femme, je voudrais changer sans avoir peur, je voudrais être acceptée, je voudrais être aimée et qu'on me reconnaisse et qu'on me retire ces affreuses cicatrices qui s'ouvrent et saignent un peu tous les jours.
Ce n'est plus de la faute de personne. Mon bonheur, entre mes mains. Mais je me détruis, je sabote mes chances, j'ai tout pour être heureuse. Sauf moi. Sauf moi et c'est l'enfer de vivre avec moi, avec ces pensées dans la tête que jamais je ne pourrais dire, avec ces larmes dans la gorge et qui menacent de couler n'importe quand, à n'importe quelle phrase, à n'importe quel évènement qui fasse écho à ma vie. Suis-je folle ?
Les autres ont l'air heureux. Ils font tout pour. Moi aussi j'ai l'air heureuse. Mais ce n'est qu'un air. Faux-semblant. Je ne comprends rien à rien. Le sens de ce monde, les autres, ceux qui m'entourent, ceux qui disent m'apprécier. Pourquoi m'aime-t-on ? M'aime-t-on réellement, ou aime-t-on l'image que je renvoie d'eux ? Je ne comprends rien à rien. Je suis folle et trop sensible et trop tout et j'ai envie de sortir de ma tête, je voudrais parfois les existences banales que je vois autour de moi. Travail, amis, chéri, métro, dodo. Parfois, je me dis que je saurai me contenter de cette forme de mort vers la mort, mais non, moi, je veux vivre. Mais vivre avec tout ça dans la tête, c'est impossible. Je deviens folle jour après jour, je m'enferme jour après jour, et pourtant je donne aux autres l'impression d'être chaque jour plus rayonnante et lumineuse et heureuse. Si seulement. Cinq ans. Cinq ans que je me noie dans ce poison et que mon seul remède c'est moi mais que moi, je suis trop faible pour me sortir de là. Putain de cicatrices à l'âme, si elles n'étaient pas là je serai la plus heureuse et la plus belle personne que je puisse être. Mais j'ai vu, j'ai entendu, j'ai subi. Est-ce que j'aggrave les évènements pour me conforter dans mon mal-être, pour faire saigner encore plus ces cicatrices déjà profondes et douloureuses ? Serai-je un jour en paix avec cet affreux passé, avec ces cris, cette violence, cette solitude, ces larmes ? Pourquoi cela m'arrive-t-il à vingt-et-un ans, à l'âge où on doit profiter et être heureux ? Pourquoi tout me lancer à la figure comme si je n'en avais pas assez vu ? Pourquoi on dirait que je suis seule à vivre dans ce bateau qui coule ?
Je suis comme tout le monde et comme personne, je veux disparaître et je veux vivre. C'est compliqué, c'est dur et c'est facile, c'est là, juste là. J'y serai arrivée si j'avais commencé et si je n'avais jamais abandonné. Mais je finis toujours par abandonner. Je ne m'aime pas assez pour me prendre par la main et me dire que j'en vaux la peine, que je vais y arriver, et j'ai trop de choses dans la tête, trop de choses dans la tête, trop, trop, trop. Trop de souvenirs qui tournent en boucle, trop de passé qui revient d'un coup, trop de cicatrices qui se rouvrent et qui saignent, et le mal que je me fais n'a jamais rien changé. En cinq ans, pas une seule fois il m'a fait du bien, pas une seule fois il m'a aidé, pas une seule fois. A me dire que je mérite tellement le bonheur, je l'ai idéalisé et j'oublie qu'il est là, juste là, sous mes yeux. Mais ouvrir ses yeux après tant d'années, c'est dur, c'est douloureux, c'est presque demander l'impossible. On me dit que j'exagère, je ne dis plus rien. Ce mal-être, il faut qu'il parte. Dix ans que ça ne va pas, cinq ans que je me bousille, que je me détruis de l'intérieur, que je crée des ravages qui me seront bientôt impossibles à enlever, alors je dois me faire confiance, alors je dois me prendre par la main, même quand ça semble dur, même quand ça semble infaisable, même quand le monde semble marcher sur la tête, même quand je me dis que je ne vais pas y arriver. Me dire que je ne vais pas y arriver, c'est me marcher sur les pieds au lieu de me prendre par la main, c'est piétiner mes chances d'être heureuse, c'est m'auto-saboter quand je devrais faire précisément l'inverse, quand je mérite tout le bonheur du monde rien que pour avoir surmonté tout ce que j'ai surmonté, tout ce que j'ai vu, tout ce que j'ai pleuré, tout ce temps où j'étais seule, accompagnée mais seule, ou seule et seule du début jusqu'à la fin, seule et encore seule, ce sentiment qui ne s'en va pas après autant d'années.
J'ai l'impression de progresser, mais les progrès sont tellement minimes que je finis par me lâcher la main et replonger comme je sais si bien le faire. Comme si j'étais programmée pour échouer, comme si j'étais programmée pour tout réussir dans la vie mais que, de manière personnelle, j'étais programmée pour échouer. Parce que je ne me fais pas confiance. Pourtant, je fais confiance aux autres, aveuglément, les yeux fermés, les mains dans le dos, je leur fais confiance et je leur donnerai mon cœur, mon âme. Alors qu'à moi, je ne me tends même pas la main, même plus j'essaie, comme si j'avais trop vu mes échecs et que je ne voulais plus les connaître. J'ai tout pour réussir, mes les pensées sont destructrices et elles me coûtent les plus belles années de ma vie, donc les plus moches, donc elles me coûtent du temps qui part et ne reviendra jamais.
Je ne suis qu'une seule et je ne vis qu'une seule fois, je n'ai qu'un seul esprit et un seul corps, pourtant en moi tellement de dualité, tellement de pensées qu'une seule personne ne peut pas vivre avec tout ça dans la tête, il faut que ça sorte mais comment, comment les sortir, que leur demander, que faire, comment les transformer, comment les rendre belle, comment oser me poser les bonnes questions, comment oser. Oser c'est beau, oser c'est dur, oser ça en vaut la peine, oser quand on n'a qu'une seule vie, c'est vivre. Oser, c'est vivre. Moi, je n'ose pas. Moi, je meurs. Alors que je veux vivre. Je dois apprendre à me donner la main, ce déclic je crois que je l'ai eu ce dimanche 14 mai 2023 en rencontrant une autrice qui m'a chamboulée en pourtant si peu, si peu de mots, si peu de choses, mais tellement d'aura, tellement d'énergie, tellement de regards. Et j'ai cru comprendre, j'ai cru percevoir. Je peux être celle que j'imagine, je peux rester celle que je suis, je peux retomber encore plus bas, je peux m'élever encore plus haut, toujours plus haut, je peux choisir car je suis maître et c'est beau mais c'est dur parce qu'il faut oser.
Je voudrais oser me prendre par la main, parce que je m'en sens capable et puis, si je ne commence pas un jour, je ne saurai jamais ce que ça fait, je ne saurai jamais. Je ne suis pas celle que je m'imagine être, et c'est ça qui est destructeur. C'est de m'imaginer horrible quand je ne le suis pas tant que ça, c'est de me dire que le monde m'est tombé sur la tête quand je le vois encore au-dessus de moi, c'est me plaindre de mon pauvre sort quand bien pire existe, c'est ne pas donner le meilleur de soi-même quand on se sait capable de plus. Je suis capable de bien plus, je suis moi-même mais je peux l'être encore plus, je peux être merveilleusement formidable, je peux aimer et être folle et retrouver cette folie que toujours j'ai voulu et ne plus chercher les conventions et la pensée mouton de Monsieur et Madame tout le monde, je peux. Je suis capable, et m'en croire capable brise déjà bien de ces phrases que j'ai jusque-là pu écrire.
C'est dire combien l'écriture est thérapeutique. Combien elle me sauve car depuis le début j'écris sans jamais m'arrêter ni ralentir ni me relire ni me corriger, les fautes tant pis, les non-sens tant pis, les fausses idées tant pis, qui comprendra pourra et on ne retient de mes textes que ce qu'on veut en retenir, on est libres. On est libre et on doit oser parce que la vie file et ne s'arrêtera pas, elle ne s'arrêtera jamais, et je dois arrêter de penser aux autres, et de penser ceci et cela, et de penser à droite et à gauche de ce qu'on pourrait bien penser de moi, je dois arrêter parce que ça, c'est se marcher sur les pieds et non se prendre par la main et on a dit qu'on se prenait par la main. Alors je me dis qu'on a rien à perdre si on essayait, si on se donnait tous ce qu'on donne aux autres à soi, car en s'aimant vraiment soi-même on peut aimer les autres, alors je me dis que si je me prends par la main alors je pourrais comprendre la vie, comprendre mon passé et mes cicatrices et mes blessures, et je serai fière et je dois commencer aujourd'hui parce que la vie file et ne nous attend pas et je ne veux pas regretter.
Je regrette déjà un peu, mais je ne peux pas m'en vouloir. Je ne savais pas que je vivais dans l'ombre parce que je n'étais pas moi, je n'étais pas la vie, mais j'étais la mort, j'étais l'ombre de moi-même, de celle que je suis réellement. Et ce qui est magique, c'est que je pourrais aider les autres quand j'aurais compris comment m'aider moi-même, comment me prendre moi-même par la main, comment prendre soin de toutes les pensées qui vivent en moi, qui naissent et qui meurent à la vitesse de la lumière. Prendre soin de ces pensées, c'est les comprendre ou essayer de les comprendre, c'est se demander pourquoi elles sont là et ce qu'elles peuvent m'apporter, ce que je peux en faire et comment je peux les transformer en action qui influence ma vie de manière positive. Parce que laisser ses pensées prendre le contrôle, c'est laisser le diable prendre le contrôle et c'est apprendre à mourir mais nous, on ne veut pas mourir. On veut apprendre à vivre. Donc apprendre à vivre en harmonie. Retourner à l'essence de soi, retrouver cette paix intérieure, donc oser. Oser s'écouter, prendre ses pensées une par une, les comprendre et les transformer en action positive pour notre vie. De cette manière-là seulement, on pourra guérir.
Quand je dis que l'écriture est thérapeutique, c'est que j'écris depuis le début de ce texte aussi vite que mes doigts me le permettent pour essayer de suivre le rythme de mes pensées, et ce que je véhicule entre le début de mon texte et les quelques lignes au-dessus est complètement différent. Parce que j'ai sorti une par une les pensées de mon esprit, que je les ai questionnées une par une en les développant au maximum, parce que j'ai osé. C'est ça, oser. C'est prendre sa pensée, écrire, lire, faire de la musique, du dessin ou de la sculpture, un art qui puisse donner à notre pensée destructrice ou douloureuse un nouveau souffle, c'est apprendre à lui donner une nouvelle forme de vie quand on pensait qu'elle allait nous tuer de l'intérieur. Nous sommes des êtres de communication, nous avons besoin d'être en contact avec le monde. Nous ne sommes pas faits pour ne rien partager et tout garder et garder nos petites pensées personnelles pour nous, non, nous sommes faits pour dire, ressentir, parler, faire, créer, inventer, devenir, être. Nous sommes des êtres de mouvement, et garder ses petites pensées destructrices pour soi, c'est apprendre à mourir parce que c'est faire du surplace, c'est ne pas bouger, c'est rester immobile quand la vie nous file sous le nez et qu'on n'a pas le temps de se lever pour la rattraper parce qu'elle a filé. Nous sommes des êtres de mouvement, nous devons parler notre passé, chanter nos blessures, rendre belles nos cicatrices, accepter ce qui nous a détruit, et surtout se pardonner.
Surtout se pardonner parce que c'est le plus important, parce qu'on ne peut pas marcher aux côtés de la vie si on se traîne le fardeau et le poids de la haine envers soi-même, non ce n'est pas possible, on ne veut toujours pas mourir. On veut vivre, on veut tellement ce bonheur qu'on a l'air de voir chez les autres. Alors voilà, encore une fois, il faut oser. Il faut oser se pardonner. Se pardonner parce qu'on n'a pas su voir ses blessures, parce qu'on n'a pas su dire son passé, parce qu'on n'a pas su. Pas su, ce n'est pas grave. Ce qui est embêtant, c'est ne pas savoir. Ça, on peut le changer. On peut décider, maintenant, tout de suite en même temps que j'écris ces mots, de se pardonner. De se dire que ce qui est derrière nous nous définit certes un peu, mais que ce nous, il faut le laisser partir. Il faut chercher à marcher aux côtés de la vie, pas à changer ce qu'on aurait pu dire ou faire ou être car, mauvaise surprise, on ne peut plus. C'est douloureux à accepter. Accepter qu'on n'a pas été parfait, accepter qu'on a fait des erreurs et qu'on n'a pas agit comme on aurait aimé le faire. Tant pis. Mais savoir qu'on peut agir comme on le veut là, tout de suite, c'est salvateur. C'est une chance inouïe qui ne se présente qu'une seule fois, là, tout de suite. Parce qu'en ce sens la Vie est comme nous, elle est toujours en mouvement. Elle marche et ne s'arrête jamais. Et nous aussi, nous sommes comme elle. Nous sommes des êtres de mouvement. Donc nous n'avons qu'une seule chose à faire : marcher aux côtés de la Vie. Elle ne se retourne pas pour voir ce qu'elle a laissé derrière puisqu'elle ne peut pas reculer, alors apprenons à prendre exemple sur elle. Apprenons à marcher en avant et seulement en avant, apprenons à oser nous pardonner. Oser. Oser, comme la Vie, avancer. Avancer, c'est la Vie. Nous sommes des êtres humains, donc en vie, des êtres vivants, la Vie et nous nous complétons parfaitement, comme si nous étions faits pour apprendre d'elle, la prendre en exemple parce qu'elle a été la première à comprendre le sens de son existence. A comprendre qu'elle ne peut qu'aller de l'avant, qu'elle ne peut qu'avancer dans un seul sens et qu'elle ne peut pas récupérer ce qu'elle laisse sur son chemin. Nous serons heureux lorsque nous aurons appris à faire comme elle.
L'écriture, c'est vraiment salvateur. Moi, je me sauve comme je peux, je guéris comme je peux, j'essaie de me donner la main comme je peux. Apprendre à vivre en paix avec soi-même, c'est trouver le sens de notre bonheur. Une fois qu'on a laissé derrière nous tout ce qu'on a pu faire, dire ou être et une fois qu'on marche aux côtés de la Vie en regardant droit devant soi, alors on comprend. On comprend que nos blessures doivent rester derrière nous, on comprend que notre passé n'a été qu'un "nous" à un moment donné mais n'est pas ce "nous" au présent, on comprend que nos cicatrices sont belles là où elles sont et qu'elles ne partiront jamais, alors autant les regarder avec bienveillance plutôt que de les meurtrir chaque jour un peu plus. Avoir compris ça, c'est avoir compris la Vie, c'est s'être compris. Quand on s'est compris, on peut s'aimer, on peut ensuite aimer les autres, on est donc un être humain au sens premier du terme. On est la Vie. Et c'est ça, vivre. C'est ça, oser. C'est oser vivre, c'est oser être soi, c'est oser s'aimer.
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