Parfois, on vit et on se perd en chemin. Je me suis perdue et j'ai perdu mon chemin. J'ai tout perdu. Se perdre, c'est douloureux. Dormir avec une étrangère, ne pas connaître son propre cœur, rien de plus douloureux. L'expérience est étrange, l'expérience dénature, l'expérience brise. Briser et détruire et s'effondrer pour mieux recommencer, c'est la leçon. La leçon que j'y vois, la leçon qu'il faudrait appliquer. Encore une fois, écrire. Écrire ses pensées, chanter la vie et tout comprendre, c'est dur mais rester par terre, brisé, larmes sur le plancher, ça l'est encore plus.
Changer, vouloir changer, c'est oser, c'est oser prendre ce risque, c'est oser se perdre pour mieux se retrouver, c'est tout recommencer. C'est se trouver fragile car on est brisé mais c'est se trouver fort parce qu'on ne peut plus rester dans cette situation, dans cette incompréhension on ne supporte plus ce vide et cette solitude et cette haine pour soi.
Se pardonner, c'est oser. C'est oser prendre un chemin auquel nous n'avions pas pensé au départ, c'est oser prendre un nouveau chemin quand construire le sien était déjà assez difficile. Comprendre qu'on est seul pour se reconstruire, c'est savoir qu'on a assez de force en nous pour se reconstruire, c'est croire en soi. Il m'a brisée, il m'a détruite, ils m'ont brisée, ils m'ont détruite. Leur faute, la mienne. La notre. Tout aurait pu être différent, mais rien n'aurait été pareil. Se perdre, tomber, recommencer.
Dimanche 14 mai, une rencontre, des vagues à l'âme, des larmes, une prise de conscience, la magie d'un moment, l'alignement des planètes, le sourire des étoiles, enfin on me rend la pareille. Enfin on me dit oui, oui tu vas pouvoir être heureuse mais relève-toi, ne reste pas là, assise alors que tellement de belles choses t'attendent, parce que tu as cette lumière et ce sourire dans les yeux et cet amour qui ne demande qu'à vivre, tu ne demandes qu'à vivre, tu veux exister. Tu veux sentir ce battement de cœur qui semblait s'éteindre jour après jour, mais toi tu sais qu'il veut vivre, qu'il se battait pour rester en vie toutes ces fois, toutes ces fois où cris, blessures, peines, amour. Amour, je t'aime, je m'aime, je prends conscience, le soleil vient effleurer ma peau de ses doux rayons, je crois que je commence à comprendre.
Les autres, je vous aime. Mais pardon, je dois disparaître. Juste un peu, donnez-moi juste un peu de temps, je saurai quoi faire, je saurai comprendre, j'apprendrai. Je vais apprendre. Je veux retrouver mon sourire, cette larme de bonheur, cette joie enfantine qui ne demande qu'à vivre, je veux je veux je veux, je veux rire comme enfant je riais, je veux rendre fière mes proches parce que j'ai réussi, parce que j'ai compris, parce que j'ai réussi seule, toute seule. Et que pour ça il fallait une force énorme, une force qu'on ne mesure pas, une force qu'on chérit, une force qu'on va puiser en soi et une force de s'aimer, une force tout simplement qui nous fait ces vagues à l'âme et qui nous dit, lève-toi, aujourd'hui ton cœur bat alors lève-toi, dis-moi que tu m'aimes, dis-lui que tu l'aimes, dis-nous. Fais-le. Fais-le pour toi, fais-le pour nous, rêve en grand, rêve à l'infini, rêve les étoiles, chante la vie, chante et chante et ne t'arrête jamais. Les autres, ils ne comprendront pas ou bien ils comprendront et on s'en moque parce que si tu es là, en vie, heureuse, avec toi, alors tout va bien et les autres on s'en moque.
Toutes ces années je cherchais trop loin, je cherchais les étoiles, je cherchais trop loin. Je cherchais là-haut dans les étoiles alors que c'était là juste là, sous mes yeux, devant mon nez, juste là. Tout devait se passer de cette manière car rien n'arrive par hasard, mais l'admettre est douloureux. Admettre que je veux ce temps, c'est douloureux et libérateur, ces mots sont destructeurs et salvateurs et j'en veux à tout le monde, au monde et aux autres et à moi, surtout à moi.
J'en veux aux autres pour ce qu'ils m'ont dit, je leur en veux de m'avoir laissée seule, je leur en veux de s'être moqués de moi, de m'avoir piétinée et moquée quand je ne voulais qu'être aimée et rire et vivre. Vivre à l'époque c'était trop dur, se lever c'était dur, pleurer dans le bus c'était nul, se cacher pour fuir les autres et pour pleurer c'était nul, attendre douloureusement que ce temps passe c'était vraiment nul. C'étaient les épines de la rose qu'on prend soin d'éviter mais qui s'accrochaient à ma peau comme l'amour sur un cœur. Le mien, pas d'amour. Le mien, des larmes, de la douleur, de la solitude. Être différente, c'était nul. Vouloir vivre, c'était trop demander mais disparaître, disparaître c'est tout ce que je voulais. Personne ne savait ma faille, personne ne devait savoir ma folie de vivre, ma folie de mourir, ma folie de brûler de l'intérieur.
Je m'en veux de ne pas avoir eu la force de me prendre par la main mais c'était tellement dur, c'était déjà tellement dur de tout cacher et de se lever et de sourire quand je voulais pleurer, c'était déjà tellement dur. Je voulais ces amitiés, ces rires, ces partages. J'ai eu le vide, la solitude, les larmes. J'ai eu les amitiés sans m'en rendre compte parce qu'une ombre ça ne voit pas alors mon ombre n'a pas vu, n'a pas vu que c'était là, juste là, sous mes yeux, devant mon nez, juste là.
Effacer ces cris et ces larmes et ces blessures, ça demande du temps, de l'énergie, de la volonté, un battement de cœur. Un battement de cœur fort et puissant et heureux de battre et d'être là, mais ce battement de cœur je ne l'avais pas, je ne voulais pas le voir, je ne voulais pas l'inventer. Vouloir revivre c'est dur. C'est créer ce battement de cœur, c'est créer ce bonheur, c'est dire oui à la Vie quand on lui a toujours dit non, c'est apprendre et comprendre que cette fois ça va être différent, oui c'est ça, différent.
On est libre mais ça je ne l'ai pas vu, moi je n'ai vu que la prison et les larmes et la violence. Toute cette rage il faut qu'elle sorte parce qu'on a trop vécu ensemble et qu'elle et moi, on ne peut plus vivre ensemble. J'ai essayé oui, j'ai essayé de l'apprivoiser et de l'enfouir mais je n'aurais peut-être pas dû, maintenant elle gronde et menace chaque jour mon cœur d'exploser. Maintenant j'essaie l'amour, la bienveillance et les émotions, et je me dis que ça finira par fonctionner. Qu'un jour tout rentrera dans l'ordre, que j'ai tout pour être heureuse et que c'est là, juste là, sous mes yeux.
Dis-moi que je ne rêve pas trop fort. Dis-moi que ça va marcher, qu'on va tout recommencer parce qu'on a compris, on se pardonne et on se prend par la main. J'essaie. De toutes mes forces. Les étoiles, je leur demande qu'elles m'aident, qu'elles me donnent un peu de leur lumière parce qu'elles brillent si fort dans le noir et que moi, dans le jour, je m’éteins. Les étoiles, elles arrivent. Les cicatrices, elles s'apaisent. Mon regard, je le change. Ce battement de cœur, je l'apprivoise. Je change. Promis, on se prend par la main. Viens on avance, viens on recommence. Viens, on s'aime.
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