Les plus heureux au monde, les plus tristes seuls. Leur histoire mes larmes. Douleur sourde au cœur qui bat lentement si lentement. Ecrire pour ne pas mourir. Écrire. Cris, insultes, violence, poings, verre, claquer, hurler, casser, lancer, partir rose pardonner revenir, violence, blessures. On ne guérit pas. Ces mots, ces regards, ce noir dans les yeux, ce pardon qu’on n’aura jamais. Eux, moi. Ils s’en remettent, ils se construisent, ils réparent, ils s’accrochent. Je suis si loin et je pleure alors que tout est fini tout est fini mais pas de paix. Pas de bonheur. Promesse vide. Mensonge. Pleurer le démon, pleurer l’homme, pleurer sa colère. Pleurer pour lui, seul si seul si seul fini. Plus jamais. Tout perdu, cœur brisé, le mien il saigne il saigne il ne s’arrête pas et je suis loin, si loin.
Vouloir être comme tout le monde. Ne rien ressentir oublier juste oublier. Leur amour, mes larmes, c’est moi qui pleure sa solitude, c’est moi qui pleure ce qu’elle ne dit pas, c’est moi qui pleure le vide, c’est moi qui pleure l’absence, le manque, le vide. Tellement de larmes comme si je devais pleurer pour nous tous, mais je veux vivre, je veux ce bonheur, juste un peu. Juste un peu. Que ça cicatrise plus vite, cicatrise.
Je ne vois plus rien, trop de larmes. Peux plus écrire. Tout pour être heureuse, leur histoire m’aura brisée. Puis la mienne, à cause de moi, à cause des autres, à cause d’eux. La faute de tout le monde et de personne. Respirer. Vivre. Sans eux, le bonheur. Mais sans eux, pas de moi. Faut que ça sorte. Que je reparle de cette violence, de ces soirs où, enfants, on se levait avec ma sœur, on écoutait les cris, on attendait que ça devienne trop fort et puis je lui disais viens, viens faut aider maman, alors on avait peur mais on descendait, à nous il ferait rien, c’est sûr. Maman son maquillage a coulé, maman elle pleure jamais mais là ses yeux bleus sont l’océan et on comprend, la télévision est cassée, elle est là par terre, elle devrait être posée sur le meuble mais il s’est énervé, c’est peut-être la deuxième ou la troisième on ne compte plus, on aide maman et on ramasse, non c’est pas lui qui va le faire, lui il nous regarde pas, il s’en va. On a l’habitude des cris, tous les soirs quand on est couché, ça commence doucement et puis c’est comme s’ils étaient là à côté de nous. Les virgules servent à rien parce que les mots vont plus vite et que les scènes s’enchaînent et que ça fait tellement mal que le cœur une fois qu’il parle il saigne et s’arrête plus alors on le laisse parler on le laisse saigner.
On aura tout vu c’est vrai, c’est vrai qu’on aura bien souffert au final. Il s’en est rendu compte à la fin, mais un peu, juste un peu. Pour lui ces scènes c’est rien, il n’y pense même plus, il ne les sait plus. Moi, je les sais. On les sait tous.
Lutter pour que le cœur continue de battre, lutter pour sourire et se relever, lutter, toujours lutter. Bientôt, ce sera fini. Bientôt. Bientôt, la guérison et les jolies cicatrices et plus ces affreuses marques rouge sang qui s’ouvrent, bientôt le bonheur. Enfin. Cicatriser, pardonner, se pardonner, essayer. Y arriver. C’est la promesse du soleil et le murmure des étoiles.
C’est la promesse du soleil et le murmure des étoiles alors on a le droit d'y croire, on se doit d'y croire, on doit. On doit parce qu'il faut cicatriser et qu'après toutes ces années ça s'apaise, lentement, mais sûrement. Le cœur s'apaise. Les cicatrices s'estompent. Les peines s'amenuisent. Les souvenirs viennent moins souvent. C'est ça, guérir. C'est le temps, c'est vouloir comprendre, c'est volonté et volonté, vouloir y arriver.
C’est la promesse du soleil et le murmure des étoiles.
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